« Il faut que, je dois, je devrais… »

par | 22 août 2016

C’est suite à une séance de coaching avec une de mes clientes que m’est venu le thème de ce tout premier article.

A vrai dire, cela faisait quelques temps que l’envie de bloguer à nouveau me trottait dans la tête. Mais à la différence de Konnichiwa, sur lequel je papotais lifestyle exclusivement, je souhaite aujourd’hui explorer la question de la Femme et de son bien-être au sens large (développement personnel, coaching, soins énergétiques, tendances couleurs, mode, make up, décoration…).

Gardant cette idée de blog dans un coin de ma tête, je me disais donc « Il faudrait que… Je dois faire comme ci… Je devrais faire ça… » jusqu’au moment où j’ai dit STOP ! Etant d’une nature plutôt libre, affranchie, affirmée et indépendante, je me suis donc demandé qui était ce dictateur que j’entendais et pire… que j’écoutais ! Qui peut m’ordonner des actions que je dois ou non réaliser, comme si j’étais une simple marionnette ?

Au-delà de ce sentiment de rébellion expérimenté par de nombreux adolescents, j’ai constaté lors de conversations professionnelles et amicales anodines, que nous sommes nombreuses à avoir déjà vécu adultes cette sensation étrange d’obligation. « C’est comme si un pistolet était collé sur ma tempe et que je m’auto-jugeais sans cesse, je n’ai pas le choix » m’avait confiée il y a quelques mois une de mes coachées.

Mais pourquoi ? Pourquoi nous imposons-nous des restrictions sans qu’en réalité, personne ne nous demande quoi que ce soit ? Qui est ce dictateur intérieur aussi puissant qu’indomptable ?

Le voile est enfin levé sur l’identité de ce spécialiste du jugement et de la critique, il s’agit du surmoi. Directeur, juge, gendarme, responsable en chef de notre propre règlement intérieur intime, le surmoi a une seule (mais grande !) mission : nous empêcher d’exister librement et de manière authentique.

Certains dirons que notre culture judéo-chrétienne y est pour beaucoup et que l’on a déroulé un tapis rouge au surmoi sur le boulevard de la morale. Je tiens à vous préciser que je ne porte aucun jugement sur les dogmes et la religion, étant moi-même croyante. En revanche, c’est un fait, au nom de la tradition et de la religion inscrites dans des textes vieux comme le monde, de nombreux moralisateurs dictent leurs règlements, leurs lois et parfois même les limites de leur territoire.

Sans aller aussi loin, notre surmoi est comme nous, unique et à notre image ! Ce sont donc nos pensées et nos croyances (pas seulement religieuses, mais les affirmations que nous pensons être vraies plus généralement) héritées par notre famille ou construites par nous-même qui en sont les principaux fondements. Lorsque ces mêmes croyances sont aidantes, stimulantes et épanouissantes, le soleil est au beau fixe. En revanche, si elles nous limitent, nous bloquent, nous stressent, nous empêchent d’avancer, nous allons à coup sûr être découragées, énervées, déçues et c’est notre estime personnelle qui prendra un sacré coup ! Même si on peut esquiver stratégiquement quelques uppercuts grâce à certains de nos alliés intérieurs, le KO lui, à force de répétition intempestive, sera inévitable.

Exit le gendarme intérieur qui nous impose sa loi ! Car à part atteindre le fond du fond avec des fardeaux tels que la culpabilisation et la honte, le surmoi ne nous mènera guère loin.

J’aime à dire que les mots que nous employons révèlent la manière dont nous pensons et reflètent qui nous sommes. Suivant cette idée (qui au passage est une de mes croyances aidantes et stimulantes), quand nous aspirons à la liberté, à la fluidité et à l’indépendance, formulons plutôt ces dernières de la manière suivante « je désire », « j’ai besoin », « j’ai envie », « je souhaite », « je veux » sans négation, ni aucune restriction. Amusez-vous (dès que vous le pouvez malgré le début de cet apprentissage) à remplacer le « Il faut que je réponde rapidement et efficacement à cette personne » par « j’ai besoin de prendre mon temps pour lui écrire une réponse adéquate ». L’idée ici est de préserver notre intention de base, seuls les termes utilisés changent.

Et puis comme ce petit dictateur a vécu depuis notre enfance bien au chaud dans un cocon douillet sans que personne ne vienne le déloger, s’il revient à la charge et re pointe à nouveau le bout de son nez, demandons-nous ce que nous risquerions à ne pas lui « obéir » ? Si on ne fait pas ci ou ça… Que nous arrivera-t-il à part du lâcher-prise ? Croyez-moi, face aux reines que sont la Motivation, la Persévérance, la Détermination et l’Organisation, le surmoi est un poids plume !

Quand les « il faut », les « il faudrait » reviennent de temps en temps, je nous invite à nous questionner sur ce qu’il faut vraiment dans la vie. Après quelques secondes de réflexion, je pense que vous me rejoindrez sur le fait qu’il n’y a qu’une seule chose qu’il faille dans la vie, c’est mourir. Chaque fin de vie terrestre se termine de cette manière, par la mort. Nous ne pouvons y échapper. Mais qu’en est-il du reste ? Que souhaitons mettre dans cet espace vide entre notre naissance et notre mort ? Engluées et focalisées sur notre surmoi, nous oublions parfois de prendre du recul en décrochant de notre cerveau en ébullition, véritable usine à gaz toxique ! Rappelons-nous de nous poser ces questions simples : « Qui a dit ça ? », « Qu’est-ce-qui se passera si on ne le faisait pas ? » et « Qui nous en empêche ? ».

Même si la difficulté est grande, en tant que co créatrice de notre vie, il est toujours possible de modifier ses habitudes et ses propres processus de réflexion, ainsi que l’utilisation que l’on fait de celle-ci. Alors, profitons-en !

Besoin de couleurs dans votre vie ?